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mardi 9 août 2022
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Les propositions de Siaka Ali en réponse aux caillassages de bus

C’est le ras-le-bol sur la route. Chez les automobilistes coincés par des barrages, chez les chauffeurs des bus victimes de caillassages à répétition, et chez les scolaires qui veulent aller en cours. Peut-être une éclaircie du côté des parents, nous rapporte le syndicaliste de FO Transports.

Une année, un préfet avait compté les jours sans conflits sociaux. Il faudrait réitérer en cochant les matinées sans barrages pour se rendre sur son lieu de travail. Vahibe, Dembéni, Koungou, Doujani, Longoni, le schéma s’est répété à l’identique : des kyrielles de jeunes attendant leur bus pour se rendre à l’école n’ont rien vu venir. Les plus perturbateurs d’entre eux ont érigé des barrages, aussitôt rejoints par des bandes qui ne rêvent que de rançonner passants et automobilistes.

La décision de stopper le ramassage qui viendrait du conseil départemental, aurait été prise hier au soir tard, nous explique le syndicaliste de FO Transports, Siaka Ali. Ne laissant que peu de temps et de moyens pour informer les familles de garder leur progéniture à la maison. L’information a circulé tard sur les réseaux sociaux, quand les concernés se couchent tôt, en raison d’un lever plus que matinal pour attraper le bus. Et provoquant la situation de tensions que nous connaissions ce jeudi matin.

« C’était une décision difficile à prendre, mais nous n’avons pas eu le choix. Les bus se sont faits tellement caillasser depuis un mois, que les chauffeurs ne voulaient plus y retourner », explique Siaka Ali. A Dzoumogne, l’un d’entre eux n’aurait pas pu s’arrêter à son arrêt ce mercredi, en raison d’un caillassage en plein village. « Et les jeunes avaient annoncé une revanche pour ce jeudi. » Il reconnaît une “erreur de communication”, “mais si ça se trouve, on a évité un drame.”

« Réapparition des gilets jaunes »

“Il fallait prendre une décision et suspendre le ramassage”, confie Ali Siaka

Contrairement aux demandes exprimées en 2018 par les transporteurs qui avaient été le fer de lance du mouvement social, ce n’est pas du tout sécuritaire qui est réclamé : « Nous demandons une prise en compte globale du phénomène. Ces jeunes essaient de s’approprier le territoire par la violence. Ils ne sont majoritairement pas scolarisés, mais certains le sont, et s’affrontent dans le cadre de conflits inter-villages. Mercredi, c’était Majicavo Koropa contre Koungou, et Longoni contre Kangani. Nous demandons la participation des parents. »

Il s’appuie sur du vécu la veille au soir, alors que miraculeusement à Majicavo Koropa avaient réapparu des gilets jaunes-version Chamassi : « Mercredi soir, les forces de l’ordre arrivaient à Majicavo Koropa, mais les parents s’étaient déjà activés en comité, ils sont arrivés à régler le problème et à apaiser la situation, les jeunes sont partis. Nous allons rencontrer ces parents pour les accompagner matériellement, en les équipant, car ce sont des gens qui travaillent pour la plupart. Il faut donner de l’importance à la résolution des conflits par les parents et par les associations, et les coordonner. Si les forces de l’ordre interviennent en premier, ce sera des caillassages, alors que si les parents ont préparé le terrain, ce sera plus facile de maintenir la sécurité. En s’organisant comme ça, on va casser la logique des voyous », estime-t-il.

Siaka Ali en appelle à toutes les associations et à tous les parents dans les villages. Et le conseil départemental à « recruter davantage d’agents de terrain ».

Anne Perzo-Lafond

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